La sort no ès de qui la cerca ; ès de qui la troba. » disaient les anciens qu’ils soient de Perpignan, Collioure, Barcelone ou Figueras.
« La sort no ès de qui la cerca ; ès de qui la troba. » C’est certainement ce que se sont dit Cathy, René, Serge, Muriel, Léna, Sacha et Vincent en rentrant de leur week-end en terre catalane avec leurs amis des Rives du Tarn.
En effet, les incertitudes étaient nombreuses avant le départ samedi matin : Des pluies sur Collioure pour tout le week-end sont annoncées par la météo depuis une dizaine de jours. Parmi les rares courageux motivés pour l’aventure colliourencque, certains se désistent au dernier moment. Vincent sort tout juste d’une Gastro. Enfin, Muriel part le samedi matin en urgence chez le dentiste. Tous les indicateurs sont au rouge. Il ne faut pas partir. Il est préférable de rester chez soi ce week-end…

Repas tiré du Sac en Catalogne
Mais dès le samedi midi, les courageux lavérunois prennent plaisir à partager en toute fraternité un repas tiré du sac au bord de la plage avec leurs homologues tarnais et une bande de mouettes affamées. Ils retrouvent plus tard l’ambiance chaleureuse de tout le groupe tarnais. Avec plus de 20 participants, eux sont venus en force.
« Randonnée de 18 km, départ 14 h 00. Un groupe des Rives du Tarn prend le départ. Muriel et Léna se désistent. Elles ne regretteront pas ce choix… Nous apprendrons un peu plus tard, que le parcours n’était pas bien balisé et qu’une marcheuse des Rives du Tarn victime de crampes a dû attendre 2 heures avant l’intervention des secours qui ne connaissaient pas le parcours ! Mieux vaux prévoir pour le lendemain un téléphone portable au cas où…
Changeant d’objectif Léna rejoint son frère sur la course des enfants. Sacha finit 1er de sa catégorie. Léna donne tout ce qu’elle peut pour se frayer un chemin au milieu des touristes et des promeneurs non prévenus du passage d’une course enfants. Elle défend avec volonté les couleurs du Jogging Lavérune. Mais que fait l’organisation catalane ? Les enfants sont contents, c’est bien là l’essentiel.
Dimanche 8 heure, départ du 18 et du 32 km. Le ciel a su se débarrasser des nuages tant attendus par la météo. La progression vers les sommets et régulière. Le paysage est sublime ! !
Peu à peu, l’ascension progresse. Le jeu de piste commence. Où se trouve la rubalise suivante ? As-tu vu les marques rouges et blanches du GR10 ? Certains empruntent des chemins de traverses. D’autres trouvent des raccourcis bienvenus… Nous passons allègrement de la 10ème à la 15ème place sans jamais être doublés… Les sympathiques bénévoles n’ont aucune idée de la distance qui nous sépare du « Coll del Terrers ».
Nous arrivons enfin au sommet. Un épais brouillard rend notre progression et notre repérage encore plus difficiles. Les règles du jeu évoluent. Nous ne sommes pas équipés pour la course d’orientation.
Il faut démarrer la descente… Mais où est la rubalise ? … Distancé par un petit groupe de coureurs plus à l’aise en descente, Vincent se retrouve isolé. Où est la rubalise ? Faut-il aller à gauche ou à droite ? … Descendre ou remonter ? … Impossible de retrouver par où l’on est arrivé. Impossible de faire demi-tour. Où est la rubalise ? … Personne ne répond aux cris qui permettraient le repérage. Le constat d’une immense solitude se fait ressentir. Une seule solution est envisageable : descendre.
La descente, à travers les rochers et les terrains pentus paraît être effectivement la seule solution envisageable. La sortie du brouillard est rassurante. Elle permet d’anticiper les chemins sans issus, les passages les plus périlleux. Les arbres permettent de ralentir une progression trop rapide et dangereuse…
De leurs côtés, Serge, René et Cathy finissent leur course de 18 km. Serge et Cathy ont l’heureuse satisfaction de finir sur le podium. Avec une mauvaise chute en fin de parcours René perd les quelques secondes qui lui auraient permis d’être à leurs côtés. Mais la satisfaction d’avoir fait une belle course est là.
Pas de doute, les Héraultais sont moins nombreux que les Tarnais, mais les Lavérunois ont dû sélectionner leurs représentants. « Mieux vaux la qualité plutôt que la quantité » sera peut-être la prochaine devise du Jogging Lavérune !
Après une descente éprouvante, Vincent retrouve un chemin qui longe un ruisseau. Faut-il aller à gauche ou à droite ? A gauche, le chemin remonte un peu. Sur la droite, cela descend dans le sens du ruissellement…
Progressivement, le ruisseau devient une rivière. Et c’est bien connu, toutes les rivières finissent dans la mer.
Plus loin, le chemin s’éloigne de la rivière pour remonter vers des sommets. Le chemin parcouru est bien trop long pour envisager un demi-tour. Que privilégier ? C’est bien connu, toutes les rivières finissent dans la mer. Mais où vont les montagnes ? Ce sera la descente au bord de l’eau. Ce sera les sauts de rochers en rochers.
Le jeu évolue encore. Il faut se préparer à gérer l’autosuffisance avec un fond de Camel bag et deux Gels non entamés.
La traversée du ruisseau est parfois nécessaire pour rejoindre un chemin perceptible sur l’autre rivage. Celui-ci s’éloigne des rives et remonte progressivement. Puis, … plus rien. Seul le vide avec le ruisseau quelques mètres plus bas. Est-ce le signe d’une nouvelle évolution du jeu vers un Raid multi-activités ? A-t-on atteint ici la partie canyoning ? Tous les ruisseaux mènent à la mer, faut-il se jeter à l’eau pour rejoindre Collioure ? Mieux vaut peut-être remettre à plus tard le plaisir d’une baignade. Il est certainement possible de se frayer un chemin au milieu de quelques ronces. Pas le temps de se questionner pour savoir si leurs épines sont affûtées. Le plaisir de progresser vers une issue probable est déjà immense. Quelques vaches isolées viennent rompre la solitude. Après 4 h 30 de course, la préoccupation majeure est cette impossibilité de prévenir que tout va bien. Le téléphone n’est d’aucune utilité. Malgré de nombreuses tentatives depuis une heure, la communication ne passe pas.
Il est 13 heures à Collioure et tous nos amis sont rentrés. Ou presque. Nombreux participants signalent à l’organisateur le manque de balisage et la difficulté dans la partie couverte par le brouillard. L’inquiétude est forte sur la ligne d’arrivée. L’organisation est incapable de dire à quel endroit Vincent a disparu. Personne ne l’a pointé au sommet alors que certains l’avaient aperçu grimpant avec facilité il y a un peu plus de deux heures. La responsabilité des organisateurs sera engagée. Les tentatives d’appels téléphoniques et d’envois de textos ont toutes échoué. Des messages espagnols précisant que la communication ne peut pas être établie sont systématiquement renvoyés par l’opérateur mobile…
Après plus de 5 heures de course, le soleil est droit devant. Il est normalement 12 h 00 au soleil. Pas de doute, Vincent sait qu’il se déplace vers l’Espagne. A quel endroit le ruisseau se jettera t’il dans la mer ?
Puis après quelques nouveaux lacets, un terrain carrossable permet de rejoindre une route qui semble surgir de nulle-part. La position du soleil donne une indication sur la direction à prendre. Et un nouveau jeu débute. Qu’ils soient français ou espagnols, les quelques touristes-automobilistes arrêtés par notre aventurier en herbe recherchent la camera et l’hélicoptère de cette nouvelle « Recerca del Tresor ». Finalement, un trail de 32 km, c’est beaucoup moins intéressant qu’une émission télévisée ! Les chauffeurs joueront un peu contraints leur rôle pour un retour progressif jusqu’au portes de Collioure. Plus que trois petits kilomètres pour rentrer et finir en un peu moins de 6 heures.
Vincent apprendra que sa promenade estimée à 50 km l’avait conduit jusqu’en Espagne près du Mas Corbera, à 30 km de son objectif Collioure. Le ruisseau s’appelle « L’Orlina ». Il se jette dans la Muga qui se jette à son tour dans la Méditerranée au sud de Rosas. Mieux valait ne pas finir à Pied !
Vincent après son séjour en Catalogne
Pour ceux qui ne comprendraient pas le catalan, « le bonheur n’est pas pour qui le cherche, il est pour qui le trouve. » Pas sûr que Vincent ait programmé un si joli voyage.







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