Observons et écoutons de loin ce qui se passe dans le fin-fond de la campagne lavérunoise. Les traductions sont issues du dictionnaire Français-Lozèraultais.

 

Serge tenant une faucille et un marteau, Bernard trayant une vache à lait

Marteau Faucille et Vache à Lait

Bernard : Holla Sergio, Marcamal se passeja. Obo routcho, vento o plecho…
(Il y a de l’orage dans l’air. Aube rouge annonce vent ou pluie.)
Serge : Quand la luno torno en bel, a qu’ap dés trés jouns porto mantel .
( Quand la lune tourne en beau, au bout de trois jours elle porte manteau : pluie) .
Bernard : Que i a de novèl en ço vostre ? (Quoi de neuf chez vous ?)
Serge : Tot es vièlh, tot s’esquiça. (Rien de particulier.)
Bernard : T’l’as écouté toi le Cantona ?
Serge : Solide que ai escotar al Cantona ! Al mai malaisit, es de aparcar al tractor endavant al Banca… Lo ques al banca engrana. Gasten pas lo blat de la semença !
(Bien sûr que j’ai écouté le Cantona ! Le plus difficile c’est de garer le tracteur devant la banque… Celui qui va vite à la banque engrange et se sert le premier. Ne gâtons pas le blé de la semence !)

 

 

 

Serge va chercher ses billets à la naque en tracteur

Que de billets à récupérer !

Bernard : Et alors ? T’les as mis où tous ces billets ?
Serge : Cò que se vei, se pòt amagar. Al kioul del sat del blat ! Cado sat porto soun pris. Bal may sat comol, qu’arjen en bourso. El Blat es en el topin.
(Ce qui se voit, on peut le cacher. Au fond des sac de blé ! Chaque sac a son prix. Mieux vaut des sacs remplis à raz-bord, que de l’argent en bourse. Le blé, lui est dans la marmite.)
Bernard : Après un acampaire cal un des campilhaire ! T’devrais plutôt ach’ter des t’nues ! Lo malur tomba sus los pus mal vestits. Mas gara ! Que se fa feda, lo lop la manja. Causejar al vendeire ! Pensent de còps qu’nous sommes des « vaches à lait » !
(A un avare qui amasse succède celui qui dilapide ! Tu devrais plutôt acheter des tenues. Le malheur tombe sur les plus mal vêtus. Mais fait attention ! Qui se fait brebis, le loup le mange. Négocie avec les vendeurs ! Ils pensent parfois que nous sommes des « vaches à lait » !)
Serge : A vaca grassa, vedel foiros. Anen tondre las cabras, auren pus leu tondut.
(A vache grasse, veau diarrhéique. Allons tondre les chèvres, nous aurons vite tondu. )

 

Quelques heures plus tard…

Frédéric Aldon

Frédéric : Vs’auriez pas un peu d’argent pour un pauvre Tiers de Marathon ?
Bernard et Serge : Es coma se bailaba de pan benit a un ase. (C’est comme si l’on donnait du pain bénit à un âne.) Si t’peux plus faire un Tiers, t’as cas faire un Sixième !

Moralité : Si t’as pas de blé, Catona ou pas, t’as pas d’argent !