Lundi 26 septembre, quelques jours après la date prévue par l’éducation nationale, les enfants du petit village Lozéraultais de « Lavérune » retrouvent enfin les chemins de l’école Baïla, réputée pour son excellent taux de réussite au certificat d’étude, mais également pour la célèbre Guerre des Fermetures Eclair menée quelques années plus tôt contre l’école du village voisin.
Notez qu’afin d’éviter de leur faire de l’ombre, notre histoire ne se déroule pas à la même époque que les 2 films concernant d’incroyables boutons actuellement à l’affiche.

Dès les premières secondes de sonnerie, les élèves se précipitent et rentrent dans la cours tous agités de se retrouver pour passer une année pleine d’aventures. Le nouveau et inexpérimenté Maître d’Ecole, Mr BANEGAS, nommé depuis 5 jours seulement par l’inspecteur départemental se présente à la porte. A l’idée de son retour prochain dans cette classe hostile et dangereuse, l’ancien enseignant avait déposé sa démission une semaine avant. Dépassé par les débordements incessants d’une classe dite « difficile », certaines mauvaises langues critiquaient « la mollesse » de ce professionnel.
Conformément à la législation en vigueur à l’époque, Mr BANEGAS avait bénéficié des 3 jours de formation qui devait être bien suffisante pour encadrer une bande de jeunes de la banlieue montpelliéraine.

Des adhérents scolaires

Tout commence plutôt bien. Après les avoir accueilli individuellement, Monsieur BANEGAS permet aux élèves qui rejoignent l’école communale cette année de se présenter à leurs camarades. Les anciens observent les nouveaux… Méfiance, … « Lequel suffisamment grand et costaud pourrait venir contester son rôle de chef à Grand-Gibus ? » – « Ne va-t-on pas être obligé de jouer à des jeux plus doux avec l’arrivée de toutes ces filles ? » Le temps d’observation réciproque est long…
… mais les réflexes archaïques des élèves les plus dissipés allaient rompre brusquement ce calme apparent. Monsieur BANEGAS allait malheureusement être surpris par la rapidité avec laquelle une classe pouvait passer d’une quiétude extrême à une pagaille incontrôlable.
Bernard sort des poches de sa culotte courte un ver de terre vivant qu’il a ramassé le matin même en traversant le champ qui longe le cimetière. Sans qu’on ait pu observer le moindre signe préalable d’agitation, sous les yeux éberlués de ses camarades, il saisit le cou de Vincent afin de lui faire gober le malheureux lombric déshydraté : « Tu te souviens de la limace que tu avais écrasé dans mon assiette de soupe à la cantine ? ! ! »
Surpris, Vincent bondit de sa chaise et assène un coup violent à Bernard. Pendant plusieurs minutes, tous deux échangent insultes et coups en tout genre.
Rapidement, l’ensemble des élèves profitent de cette diversion. Impuissant, monsieur BANEGAS ne parvient pas à arrêter les jets de boules et d’avions en papier, de gommes et de multiples objets scolaires.

" Conjugaison à tous les temps ! "

Seule l’intervention autoritaire et cohérente du directeur, Mr FOURNIER, mettra un terme au brouhaha : ” Mr MESTRES, « vous conjuguerez la phrase « Il est interdit d’obliger » à tous les temps de l’indicatif, du subjonctif et du conditionnel ». « Quand à vous, monsieur PALOSSE, vous me copierez 10 000 fois : Il est interdit de régler ses comptes en utilisant la force physique ».
Cette brève intervention permettait à chacun de retourner plus calmement derrière son pupitre.

Bonnet d'ane

Un bonnet et au coin !

A la sortie de l’école, on pouvait même voir Bernard et Vincent entamer ensemble une partie de billes… Mais personne ne pouvait prédire la durée du répit entre les deux protagonistes…

Après une journée pareille, Monsieur BANEGAS rêvait déjà de journées plus tranquilles :  «  Si j’avais su, je serai pas venu !  » …